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BBCC  - King Michael II & The Trial Of The Axe

BBCC King Michael II & The Trial Of The Axe

Un superhéros raté. Une vampire alcoolique. Un chevalier mascu. Un arbre devenu bûcheron. Au centre, une hache accusée. Qui est responsable, l’outil ou la main ? Le geste ou le désir ?

C’est le décor post-glam, grotesque et surréaliste du nouvel album des strasbourgeois de BBCC, King Michael II and the Trial of the Axe. Il dépasse l’énergie du précédent, plus ample, plus contrasté, où les synthés rient et où la fiction déborde jusque dans le son.

Anciens Crocodiles INC., BBCC est passé de l’indie rock (Heidentum, 2015) à une phase plus anguleuse et kraut (Altered States of Consciousness, 2020), avant d’explorer un terrain plus conceptuel avec Michael (2023). Après plusieurs concerts et projections en France et en Allemagne, le quintet affirme aujourd’hui une direction plus baroque et incarnée, avec le même élan.

Musicalement, BBCC avance par répétitions hypnotiques. Des motifs s’installent dès les premières secondes et ne lâchent plus prise. La batterie, jouée et vivante, porte le mouvement. L’énergie s’accumule et déborde vers l’euphorie. C’est cérébral, frontal, physique.

La production est colorée, légèrement étrange, libre dans ses structures. Une veine art-pop qui rappelle la période la plus aventureuse de Brian Eno, avec par moments une fraîcheur synthétique et un éclat lumineux proches de Kate NV. Les voix peuvent être scandées, presque angulaires, puis devenir plus souples, plus douces.

Certains titres ralentissent franchement et laissent la mélodie s’installer dans une douceur fragile, nouvelle, qui éclaire autrement l’épaisseur du disque. BBCC ose aller trop loin et ça tient. C’est ostentatoire et pleinement assumé. Derrière la singularité, un plaisir immédiat. Derrière la complexité, une évidence.

Produit par Théo Cloux (Tioklu), l’album se déploie comme une fable satirique, tour à tour contée, scandée, chantée. Synthés analogiques, batterie live syncopée, guitares romantiques, flûte et saxophone cohabitent dans une architecture foisonnante mais maîtrisée.

01. The Axe (ouverture)
02. Celestial Body of light
03. The Death of slumberjack
04. Mr Blacksmith
05. Castleman
06. Campfire
07. Amour Courtois (interlude)
08. Knight Knight part I
09. Knight Knight part II
10. Accessory to murder
11. Bone Appetit
12. Sanguinis Karaokus
13. The king is dead, long live the undead queen (epilogue)

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